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Andr������������ COLIN
Andr������������ COLIN
1910 - 1978
1910 - 1978




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CHRONO-BIOGRAPHIE
André Colin est né le 19 janvier 1910 à Brest dans une famille ayant déjà compté deux parlementaires du Finistère ; son père, Pierre Colin, originaire de Ploudalmézeau, exerçait la profession d'avoué.
Après ses études secondaires au collège jésuite de Bon-Secours de Brest, il entre à la Faculté catholique d'Angers puis à la Faculté de Droit de Paris, où il soutient en 1931 une importante thèse de doctorat sur la Famille dans la législation italienne, publiée aux Presses Universitaires de France.
De 1936 à 1939, il est professeur de droit civil à la Faculté catholique de Lille, en même temps que Président de l'Association Catholique de la Jeunesse Française (A.C.J.F.) : c'est lui qui accueille les cardinaux et évêques venus au congrès du cinquantenaire du mouvement rassemblant 50 000 Jeunes au Parc des Princes (Ier juin 1936).

Mobilisé en 1939, comme officier de justice maritime, il est affecté comme lieutenant de vaisseau à la Division du Levant à Beyrouth. Le 22 juin 1940, il lance sur les ondes de Radio-Beyrouth un appel à poursuivre le combat et à ne pas faire une paix séparée des Anglais.

"Le peuple de France laborieux, soucieux de mener une existence où soit respectée sa dignité, ne veut pas remettre ses destinées entre les mains de ceux qui font des hommes des esclaves. La bataille de France peut se terminer, il nous reste maintenant à gagner avec nos alliés la bataille de l'empire français... Nous aurons la fierté de servir une cause où sont engagées, avec les destinées de la Patrie, les plus hautes valeurs humaines "

Rentré en France, il participe à l'organisation de la Résistance notamment dans les mouvements de la jeunesse d'inspiration chrétienne, et devient membre du Conseil National de la Résistance en 1942 aux côtés de Georges Bidault.
Il écrit "Lignes d'action pour la libération", premier manifeste de ce qui doit être pour lui et ses amis une nouvelle organisation politique, et prépare activement la fondation du Mouvement Républicain Populaire créé au Congrès du 25 novembre 1944, dont il est aussitôt le délégué national.
Il sera Secrétaire Général du MRP de 1945 à 1955.

La pensée du résistant démocrate chrétien est parfaitement exprimée :
"La vocation des hommes que nous sommes, et qui se confond avec leur existence politique, est d'avoir clairement cette passion de la liberté et de la justice, de l'assumer courageusement. Le monde va titubant. "Suis-je désigné pour le remettre droit ?" demande Hamlet. Il importe de changer cette interrogation en certitude".

Il commence alors une carrière politique : membre de l'Assemblée consultative provisoire en 1943, et des deux Assemblées constituantes en 1945-1946.
Il vote le 19 avril 1946 contre le projet de Constitution, à ses yeux trop inspiré par les communistes, projet qui sera rejeté par le référendum du 5 mai 1946.
Il est de nouveau élu député du Finistère le 2 juin 1946 (le MRP y recueille 42%), puis entre dans le cabinet de Georges Bidault comme Secrétaire d'Etat chargé de l'Information. Il soutient le nouveau projet de constitution qui est accepté par le référendum du 13 octobre.

Réélu en novembre 1946 à l'Assemblée comme tête de liste MRP dans le Finistère qui remporte 45% des suffrages, il dépose de nombreux textes ayant trait aux problèmes de la Marine Marchande, et est nommé ministre de la Marine Marchande en septembre 1948.
Fervent partisan du Plan Marshall (7 juillet 1948) , de la formation du Conseil de l'Europe (9 juillet 1949) et de la ratification du Pacte de l'Atlantique, il est à nouveau Secrétaire d'Etat à l'Intérieur dans des cabinets Bidault, Pleven, Faure et René Mayer entre 1950 et 1953.

La question du régime des élections domine le débat politique de ces années ; André Colin s'exprime ainsi au Congrès MRP de Lyon en mai 1951 :
"Dans notre esprit, la loi électorale appelle à une union. Je demande le plus large regroupement possible sur un programme d'attachement à la République et aux conquêtes sociales".

Elu conseiller général d'Ouessant en 1951, il se battra pour son île du "Far-West" pendant 27 ans. Président du Conseil Général du Finistère à partir de 1964 , Président du Conseil Régional de Bretagne à partir de 1975, il servira sa terre natale avec force et ténacité, toujours au service de son désenclavement, de son développement économique et social, de la protection de son littoral.

Réélu député en janvier 1956, il s'investit totalement dans le débat sur la ratification des traités instituant la CEE en juillet 1957, et sera élu dès 1958 représentant de la France à l'Assemblée des Communautés européennes, puis membre du Parlement européen en 1964 où il siègera jusqu'à sa mort.
Pendant ces années, il prend toujours une part active aux travaux de l'Union européenne des démocrates chrétiens et du Parti Populaire européen auprès des amis démocrates chrétiens allemands, belges, italiens...

Au niveau national, André Colin est Président du MRP de 1959 à 1963, Sénateur du Finistère en 1959, Président du groupe de l'Union centriste au Sénat de 1963 à 1968, puis de l'Union centriste des démocrates de progrès de 1968 à 1971.
Il entraîne son groupe à se prononcer contre la réforme du Sénat proposée par le général De Gaulle, réforme qu'il jugeait "obscure, mystérieuse, aventureuse, à l'opposé de la stabilité des institutions".
Il soutient alors la candidature d'Alain Poher aux élections présidentielles de 1969.

Président de la Commission des Affaires Etrangères, de la Défense et des Forces Armées du Sénat, à partir de 1973, il intervient sans cesse dans les débats budgétaires pour défendre l'idée que "l'indépendance de la France passe par la construction de l'Europe".
Il préside, dans les dernières semaines précedant son décès le 28 août 1978 à Carantec, la Commission d'enquête créée à la suite de l'échouement de l'Amoco Cadiz sur les côtes de son pays natal.